L’insolite, ce fait inattendu qui, soudain, entre dans notre champ de vision, nous obligeant, ainsi, à le prendre en considération ; à nous interroger sur sa signification, sa portée...Ce fait qui nous surprend, nous amuse ou nous ébranle dans le secret de nos certitudes.
Voilà̀ précisément ce à quoi nous sommes conviés par les artistes rassemblés dans le cadre de cette exposition se déroulant au Créole Arts Café : nous confronter à l’insolite, à cette multitude d’évènements aussi surprenants que signifiants, sollicitant notre regard et nous incitant à nous interroger sur notre propre humanité, notre place dans la Nature et le monde.
Les lignes qui suivent restitueront l’essentiel de cette exposition construite autour de photographies classiques et plasticiennes. Photographies à valeur esthétique, accompagnées de textes qui rajoutent souvent leur part de mystère...Autant de supports visuels au service d’un regard renouvelé sur notre monde et les enjeux qui lui sont attachés.
L’un des enseignements majeurs que l’on peut tirer des œuvres exposées, est l’idée selon laquelle l’insolite n’est pas nécessairement un fait majeur, s’imposant à nous de manière fracassante. L’insolite peut tout aussi bien être un fait anodin ; fruit du hasard ou d’un concours de circonstances...un fait non dénué d’humour, capable de nous surprendre dans sa spontanéité première. Les photographies de DAOUIA s’inscrivent parfaitement dans cette veine ; qu’il s’agisse du crapaud surfeur (un crapaud saisi alors qu’il se trouve sur une planche de skate bord) ou de ces poules et de ces coqs, volailles de basse-cour, en contrepoint de ces voiles éthérées de plaisanciers dans le lointain, vaquant tranquillement à leurs occupations sur les rochers...loin, bien loin de l’agitation des humains. « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » Cette citation de LAUTREAMONT illustre bien ce rapprochement insolite des images surréalistes qu’il nous est donné d’apprécier.